Santé mentale et vie professionnelle – un duo électrique

Je vois passer de plus en plus de publications sur les réseaux sociaux valorisant ou mettant la lumière sur l’épuisement des étudiants, vue la fin de session universitaire. S’en suivent des milliers de commentaires de personnes s'identifiant entre elles, des messages comme «trop moi lolol», «trop nos vies haha», et j’en passe. Suis-je la seule à trouver ça un peu étrange qu’on normalise ainsi la détresse vis-à-vis la charge scolaire ? Où plus tu es débordé, ou exténué face à tes obligations scolaires, tes implications et souvent ton emploi étudiant, plus tu es normal ?

La vérité est que ce genre de détresse peut également se faire ressentir en milieu de travail : pensons au burn-out, ou plus récemment, au brown out. Le brown out, c’est quand un employé ne ressent plus aucune motivation par rapport à ses tâches et à ses responsabilités, se présentant donc au travail physiquement, mais sans y être mentalement. Pour lui, son travail ne fait plus de sens. Ces problématiques se font ressentir quand un employé, au bout du rouleau, ne se sent plus la force de se lever le matin pour aller au travail, ou ressent de la déprime à l’idée de se rendre au travail. On les a souvent décrites comme les maladies du 21esiècle, où la performance joue un rôle de premier plan.

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En étant jeunes professionnels, la pression est d’autant plus importante. On attend souvent de nous qu’on soit des plus motivés, engagés et disponibles pour le travail en tout temps, puisque souvent, on n’a pas encore commencé à fonder une famille. Cette pression, elle émane aussi de soi-même, par la comparaison qu’on s’impose entre nos différents collègues de travail, nos relations sur LinkedIn, et même ce qu’on pense attendre de nous en tant qu’employé et de nos limites. La crainte de dire non et d’ainsi passer à côté d’une opportunité de carrière est réellement présente, et ressentie par plusieurs, en silence. Les frontières entre la vie personnelle et professionnelle peuvent devenir floue (regarder ses courriels à 22h00 avant le coucher, ça te dit quelque chose?), ce qui ne contribue pas au moment de relaxation qu’on devrait passer chez soi, et le retour au travail frais et dispo le jour suivant. Il en résulte souvent de la fatigue, un manque d’intérêt pour les activités sociales et un manque de confiance en soi au travail et à la maison*. Et ça, on n’ose rarement en parler !

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On attend souvent de nous qu’on soit des plus motivés, engagés et disponibles pour le travail en tout temps, puisque souvent, on n’a pas encore commencé à fonder une famille. Cette pression, elle émane aussi de soi-même, par la comparaison qu’on s’impose entre nos différents collègues de travail, nos relations sur LinkedIn, et même ce qu’on pense attendre de nous en tant qu’employé et de nos limites. 

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Heureusement, de plus en plus d’employeurs reconnaissent le besoin de garder leurs employés en santé physique et mentale. Avant, les abonnements au gym et les clubs de course au travail étaient les méthodes les plus utilisées afin de prendre soin – ou de donner l’impression de prendre soin – de ses employés. Maintenant, les congés «santé mentale» et l’accès à un psychologue sont de plus en plus fréquents dans les entreprises, qui reconnaissent l’importance d’établir des saines habitudes psychologiques chez leurs employés. Ces initiatives contribuent à réduire la stigmatisation autour des problématiques de santé mentale, dont 20% de la population souffrira à au moins un moment dans sa vie, selon l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Plusieurs autres initiatives, par des petites et grosses entreprises, contribuent à diminuer le tabou autour des troubles de santé mentale, et font en sorte qu’ils soient considérés de la même façon qu’une pierre au rein, ou qu’un cancer. Bien sûr, il reste beaucoup de chemin à parcourir, mais nous sommes sur la bonne voie !

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Tu as quelqu’un dans ton entourage professionnel qui souffre d’un problème de santé mentale ? Voici quelques ressources intéressantes pour t’aider et aider cette personne, et pour mieux comprendre sa situation :

La Boussole, aide aux proches de personnes atteintes de maladie mentale

Le Cercle Polaire

Le Centre de Crise de Québec

Le Centre de prévention du suicide

 

Tu te sens au bout du rouleau ? Va chercher de l’aide : il n’y a aucune honte à avoir à prendre soin de sa santé mentale.

Centre d’aide aux étudiants

Centre de crise de Québec

Centre d'information et de référence de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches (211)

Revivre

Le CLSC de ton quartier : trouve le tien

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